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Association Française des Ingénieurs et responsables de Maintenance
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Maintenance hospitalière et biomédicale

Un pilier essentiel de la sécurité des soins et de l’innоvatiоn

Dans les coulisses des blocs opératoires, des salles d’imagеriе et des infrastruсtures tесhniques, la maintеnаnce hоspitalière et biоmédiсаle jоue un rôlе crucial dans la chaîne des sоins. À l’intеrsectiоn dеs eхigences tесhniques, réglеmеntaires еt humaines, ellе assure la dispоnibilité des équipеments, la séсurité dеs patients еt la cоntinuité dеs serviсes de santé.

Un environnement technique d’une complexité unique

Lеs établissements dе santé abritent une vаriété d’équipements qui se rеtrоuvе rarеment dans d’autrеs dоmainеs : dispоsitifs biоmédicаuх, imageriе médiсalе, résеаuх de fluides médicauх, systèmеs HVAC сritiquеs, blоcs оpératоires, stérilisаtiоn, infrastructures élеctriquеs rеdоndantes, systèmеs de luttе соntrе l’inсеndiе, et biеn d’autrеs.

Cеttе cоmpleхité s’aссоmpagne d’un cadre réglementаirе rigоureuх qui cоmprend nоtаmment :

  • dеs nоrmes pоur les installatiоns électriquеs et les grоupes éleсtrоgènes,
  • lеs eхigеnсes ISO 13485 еt NF EN 62353 cоncеrnаnt les dispоsitifs médiсauх,
  • des оbligаtiоns relatives auх fluidеs médiсauх (O₂, N₂O, аir médical),
  • dеs соntrôles réglementaires périоdiques (levаgе, inсеndie, ventilatiоn, séсurité des gaz),
  • des ехigenсes еn matièrе de matériоvigilancе et de trаçabilité dеs interventiоns.

Ainsi, la mаintenance hоspitalièrе dоit intégrer une ехpertise tеchniquе, unе соnnaissance des nоrmes en vigueur еt une cаpacité d’audit cоntinu.

La maintenance biomédicale : une responsabilité centrée sur le patient

Contrairement à la maintenance industrielle classique, la maintenance biomédicale porte une responsabilité singulière : le patient.
Chaque intervention sur un respirateur, un scanner ou un automate d’analyse doit garantir :

  • la fiabilité des mesures,
  • la sécurité électrique,
  • la conformité réglementaire,
  • la disponibilité immédiate des équipements critiques.

L'objectif n’est pas seulement d’éviter la panne, mais d’assurer une précision constante et une sécurité irréprochable pour les dispositifs en contact direct avec l’humain.

Les compétences mobilisées sont pluridisciplinaires : électronique, informatique médicale, métrologie, physique médicale (rayons X, ultrasons, lasers), réglementation DM, gestion des risques, coordination avec les services cliniques et les fabricants.

Trois remarques :

  • Une contrainte de la maintenance hospitalière qui n’existe pas (ou peu) en maintenance industrielle : les microbes et virus sont à éviter et pourchasser. Rôle majeur d’un nettoyage minutieux avec désinfectant ...
  • La bonne climatisation est un paramètre essentiel. Elle se doit en outre d’être stérile (par exemple via des tubes UV… à remplacer périodiquement), notamment dans les blocs opératoires.
  • La fiabilité absolue des alimentations de secours est requise.

Le biomédical est ainsi un acteur clé de la sécurité sanitaire.

La criticité : quand la panne n’est pas une option

Dans un hôpital, la notion de criticité dépasse la simple analyse technique. Elle intègre :

  • l’impact direct sur la sécurité du patient,
  • la continuité des soins,
  • la disponibilité des services cliniques,
  • les conséquences organisationnelles en cas de défaillance.

Un compresseur d’air médical, un automate de laboratoire ou un scanner ne peuvent être gérés comme des équipements standards.
La moindre défaillance peut entraîner la fermeture d’un bloc opératoire ou d’un service de réanimation.
La maintenance préventive doit donc être renforcée, les pièces critiques identifiées, et les plans de continuité (PCA/PRA) intégrés dans la stratégie globale.

Deux piliers complémentaires pour une même mission

Le bon fonctionnement de l’hôpital repose sur deux domaines indissociables :

La maintenance biomédicale

Métier à part entière, elle assure la gestion du parc de dispositifs médicaux, la sécurité électrique, la traçabilité des interventions et la coordination avec les services cliniques.

Par exemple aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS), la stratégie repose sur un équilibre entre :

  • maintenance internalisée pour la réactivité,
  • contrats constructeurs pour les équipements de très haute spécialité.

Les infrastructures techniques

Elles constituent la colonne vertébrale de l’établissement :

  • production et distribution des énergies,
  • traitement d’air des zones sensibles,
  • réseaux d’eau chaude sanitaire et prévention du risque légionelle,
  • sécurité incendie,
  • maintenance du bâtiment et des locaux techniques.

Ces activités doivent fonctionner en mode 24/7, avec astreintes, redondances et procédures d’urgence.

L’innovation : vers une maintenance prévisionnelle

La numérisation transforme profondément les pratiques hospitalières.
Grâce à l’essor des capteurs IoT et de la GMAO intégrée (technique + biomédicale), il devient possible de :

  • surveiller en temps réel l’état de santé des équipements,
  • analyser les données pour anticiper les pannes,
  • optimiser les interventions,
  • améliorer les indicateurs de performance (MTBF, MTTR, taux de disponibilité),
  • renforcer la traçabilité pour les audits et certifications.

Cette transition vers une maintenance prévisionnelle permet d’éviter l’annulation d’examens ou d’interventions chirurgicales, tout en optimisant l’allocation des ressources et la prise en charge des patients.

L’humain au cœur du dispositif

La maintenance hospitalière repose sur des équipes pluridisciplinaires : techniciens biomédicaux, électrotechniciens, automaticiens, frigoristes, ingénieurs hospitaliers, responsables qualité.
Au-delà des compétences techniques, ces métiers exigent :

  • une forte culture du risque,
  • une communication fluide avec les soignants,
  • une capacité à intervenir en environnement sensible,
  • une rigueur documentaire irréprochable,
  • une formation continue pour suivre le rythme de l’innovation et de l’obsolescence.

Conclusion

La maintenance hospitalière et biomédicale est bien plus qu’une fonction support : c’est un pilier stratégique de la performance et de la sécurité sanitaire.
En garantissant la disponibilité, la conformité et la fiabilité des équipements, elle permet aux soignants de se concentrer sur leur mission première : soigner.

Dans un contexte de modernisation croissante et d’innovation technologique accélérée, elle s’affirme comme le garant indispensable de la continuité des soins et de l’innovation au sein des hôpitaux modernes.

Compléments

L'Ingénierie Biomédicale : l'expert des dispositifs de soin

L'ingénieur biomédical est le spécialiste de la technologie appliquée au patient. Son rôle est de faire le pont entre la technique pure et le monde médical. Il s'occupe de tout ce qui touche directement au diagnostic ou au traitement des maladies.

  • Son domaine d'action : Il gère les équipements médicaux, depuis le simple thermomètre électronique jusqu'au robot chirurgical ultra-complexe, en passant par les IRM ou les respirateurs.

  • Ses responsabilités : Il conseille la direction sur les investissements (achat de nouvelles machines), veille à ce que le matériel soit toujours bien calibré pour ne pas faire d'erreur de diagnostic, et gère les alertes de sécurité si un appareil présente un défaut de fabrication.

  • Son quotidien : Il travaille souvent au contact des médecins et des soignants pour comprendre leurs besoins techniques en salle d'opération ou en service de réanimation.

L'Ingénierie Hospitalière : le garant de l'infrastructure

L'ingénieur hospitalier (ou ingénieur des services techniques) est le spécialiste du bâtiment et de son environnement. Son rôle est de garantir que l'hôpital, en tant que structure physique, fonctionne 24h/24 sans aucune interruption.

  • Son domaine d'action : Il supervise les structures lourdes comme le système électrique (indispensable pour que rien ne s'éteigne), le traitement de l'air (pour éviter les infections nosocomiales), la distribution des fluides médicaux (l'oxygène qui arrive aux prises murales) et la sécurité incendie.

  • Ses responsabilités : Il pilote les chantiers de rénovation ou de construction de nouvelles ailes. Il doit s'assurer que l'eau, le chauffage et l'électricité soient distribués partout de manière sécurisée et économique.

  • Son quotidien : Il gère des équipes d'artisans (électriciens, plombiers) et des prestataires externes du bâtiment et des travaux publics.

La distinction clé en une phrase

Pour simplifier : l'ingénieur biomédical s'occupe de la machine qui soigne le patient, tandis que l'ingénieur hospitalier s'occupe du bâtiment qui abrite la machine et le patient.

Commentaire par Gérard NEYRET

Compte tenu de la fiabilité parfois questionnable des installations d’une alimentation de secours, telle que requise dans l’Annexe 2 de la notice INERIS spécialisée, le rôle de la maintenance est primordial, surtout si elle est chargée en outre de leur exploitation.

Une défaillance de l’alimentation de secours, au moment où le besoin est absolu parce que l’alimentation principale est absente, peut en effet entraîner des conséquences majeures.

Rappel : le décès de deux patients à l’hôpital Edouard Herriot à Lyon lors du black-out nocturne d'EDF du 29 Septembre 1998.

Le groupe électrogène avait parfaitement démarré ... mais le contacteur assurant sa connexion avec le réseau de secours était hors service, et personne ne le savait ...

Les appareils maintenant ces patients en survie s’arrêtèrent tout simplement de fonctionner. L’obscurité complète régnant durant deux heures dans l’hôpital n’aida pas le personnel à faire face ...

Gérard NEYRET
Ingénieur des Arts et Manufactures et
Vice-Président d'honneur de l’AFIM

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